Réforme du lycée : de nouveau des maths au programme ?

L’organisation de la scolarité au lycée a changé avec la réforme de 2019. Cette modification, appliquée en pleine pandémie, a été compliquée à mettre en place et à assimiler par tous les acteurs de l’éducation. La réforme de l’éducation repose d’abord sur la suppression des trois filières afin de créer un tronc commun et des enseignements de spécialité. Les maths, depuis cette réforme, sont donc optionnelles au lycée. Une évolution que l’Éducation Nationale réfléchit finalement à annuler.

Comment s’explique le décrochage en mathématiques ?

Le plus frappant, pour les organismes analysant les résultats de la nouvelle réforme, est la chute réelle du nombre d’élèves suivant un parcours mathématiques. Près de la moitié des élèves, filles ou garçons, n’ont plus aucune heure de maths à partir de la première. Ceux qui conservent des mathématiques, en prime, ont beaucoup moins d’heures programmées. Pour certains enseignants, cette situation est inquiétante, car elle entraîne, surtout, une baisse du niveau scolaire en mathématiques.

En conséquence, les élèves, afin de s’accrocher dans l’étude de leur enseignement de spécialité, s’orientent facilement vers des systèmes de soutien scolaire. Les plateformes de soutien scolaire proposent ainsi des cours et des conseils, conçus avec l’expertise d’enseignants de l’Éducation nationale, pour accompagner les élèves. Les résultats de la réforme au niveau scientifique, entre autres, a poussé à une nouvelle réflexion. La différence depuis l’entrée en vigueur de la réforme de 2019 s’explique avant tout par une question d’orientation.

Les associations le soulignent : les élèves sont amenés à réfléchir très tôt à leur envie de carrières et d’études supérieures. S’ils se décident à opter pour des maths expertes, ils s’engagent alors dans un cours de spécialité jugé plus compliqué. Les élèves s’engagent ainsi dans cet enseignement lorsqu’ils ont pour objectif d’effectuer un cursus scientifique en études supérieures, par exemple en médecine. Au contraire, quand un élève optait pour la filière S, il conservait le même taux horaire et niveau de mathématiques, tout en s’ouvrant à une multitude de carrières.

Une sévère disparité d’effectifs en mathématiques

Repenser la réforme de 2019 semble obligatoire tant elle n’a pas su convaincre. De nombreux enseignants et éducateurs se sont d’abord inquiétés de son implémentation en pleine pandémie, avec des informations parfois compliquées à obtenir. Ils craignaient notamment un décalage de niveau ou d’intérêts pour les matières, une opinion qui semble s’être confirmée. Avec la réforme, en effet, le lycée s’organise maintenant avec un tronc commun, incluant par exemple le français, l’histoire-géographie ou encore les langues vivantes. S’y ajoutent les enseignements de spécialité : trois en première et deux au lycée.

C’est là que l’élève peut opter pour le latin, la philosophie ou les mathématiques. Depuis l’introduction de ce système, des rapports ont constaté une réelle disparité. D’abord, la Société mathématique de France soulève une baisse importante du nombre de filles en mathématiques. Plus le volume de maths suivi est important, constate l’association, plus le nombre de filles en décrochage est prononcé. Les classes se retrouvent ainsi peu mixtes, avec un fort effectif de filles en maths complémentaires (3 h/semaine), et peu en maths expertes (9 h/semaine). Un déséquilibre inquiétant pour la communauté scientifique française, souligne-t-elle. En prime, parmi les garçons qui optent pour cet enseignement, 46 % d’entre eux sont issus de catégories sociales très favorisées.

L’absence de maths dans le tronc commun repensé

Les critiques, nombreuses, ont en tout cas été entendues par Jean-Michel Blanquer. Le Ministère de l’Éducation semble, en effet, vouloir revenir sur sa décision de supprimer les mathématiques du tronc commun. D’après une intervention début février 2021, ce dernier réfléchit à « faire évoluer » la place que prennent les mathématiques au sein de l’enseignement scientifique. À ce jour, ce cours de la voie générale inclut des notions de maths, de physique-chimie et de SVT. Cela représente uniquement un tiers de mathématiques, donné par seulement 6 % d’enseignants spécialisés.

Dans l’idée, les éducateurs aspirent ainsi à l’augmentation du taux horaire donné aux mathématiques. La voie générale devrait permettre, alors, d’offrir un niveau de base commun à tous les élèves du lycée. L’application de cette mesure est toutefois toujours en réflexion, laissant les enseignants dans le doute. Ces derniers craignent surtout que le changement de programme ne soit pas effectif avant la rentrée prochaine. Cela entraînerait une nouvelle génération d’élèves ayant davantage décroché des mathématiques.

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